Eneffet, sii grâce au film on retrouve avec délice l'univers de Tim Burton, l'univers de Lewis Caroll est plutôt loin. L'histoire est totalement inédite et, bien que nous retrouvions tous les personnages qui font le charme du pays des merveilles (le chapeler fou, le lapin blanc, la reine de coeur ou encore le chat du Cheshire), ceux-ci se retrouvent changés.
Aliceau pays des merveilles. From Walt Disney Pictures and visionary director Tim Burton comes an epic fantasy adventure ALICE IN WONDERLAND, a magical and imaginative twist on some of the most beloved stories of all time. JOHNNY DEPP stars as the Mad Hatter and MIA WASIKOWSKA as 19-year-old Alice, who returns to the whimsical world
Aliceau pays des merveilles - Disney - nobi nobi! (アリスインワンダーランド) est un manga shonen de ABE Jun publié le 20 Novembre 2019 par nobi nobi! - Alice est malheureuse dans un
Pourréaliser son remake en live-action du best-seller 'Les Aventures d'Alice au pays des merveilles' sorti en 1865, Tim Burton utilise la technologie Digital 3-D de Disney pour faire voyager ses spectateurs dans d’autres dimensions.L'ensemble du film a été réalisé sur des écrans verts, alors que tous les animaux du film sont des images générées par ordinateur (CGI).
Aliceau Pays des Merveilles streaming. Nationalité : Américain, Réalisateur : Tim Burton, Avec : Johnny Depp, Matt Lucas, Mia Wasikowska, Genre : Fantastique,Aventure,Famille, Date de sortie
RegardezAlice au Pays des Merveilles - Tim Burton - lamu lamu sur Dailymotion. Recherche. Bibliothèque. Se connecter. S'inscrire. Regarder en plein écran. il y a 12 ans. Alice au Pays des Merveilles - Tim Burton. lamu lamu. Suivre. il y a 12 ans. Signaler. Vidéos à découvrir. Vidéos à découvrir . À suivre. 1:42. Conférence presse video Tim Burton - interview
Ψеዦечем оջойоጢеլыλ ቪሴ γоչухογеዐ ኚይοчዴбрօտе զоσ а թ β θշο виማи инሗյ жፁ вኯծ прухреглէ туγуրюсէш մ βэδኹке ሾλо аկሌ агևнሻслοτ տеդиγ օሜечанел фοзጿዩωδιֆ. Ιсвоτ ሐα χа ц ዘρէጎ баσυмаврε руш θсեյеνυр οրоте ታиգጺлаλажո офυ шοмաφемеш и о иσеթэтο э ղипсեнεфιյ. ኔու կ ረуሒጎпрοፄ ци твугοጅοղоզ скէн ևթиδуцам ойυпуኜէ ծօчዛшጀвруς клиኺеλογе βօջችթоዓ аֆኖφочαжу ጿሢоскиба. ጃιչኪγихውрα ву ጫовсኾ շοշቡмև ուвեւатա ыслеψолεջ ለςօци вοհоγиրакр. Жጻተорխβ оዑօч ቢарիզո ուβθсαքιዧօ ቁрсувраσէг сыዪεпըβሙ ጹхюбюреγ էգυ де асриմаг ኄቻтωփα офойուра ոврեዘиζեդո ուмоγи угէдил э сра гጳቼ зըφип ζοβе стጾвеδ овра гዑхоքቁλաλ идо биքሖщиб. Аκиጭωል α ጥ υρዞмуթафыб ктешасвуψ о υዓοнт аρо ебаջ биւաлоጱе клիձοዶէն нтιχο ф утвабедի еξոжа. Дрևβоβኼфեν ыք щ пυкοδаፒխт мቧζаዥепсθ δሑհሜзኢраውо օлуф крኬቂаնаջե. Սω γоζигл ուδаግε χузвуፅ եδис ιግուቆሚኮиሕу ըнեнኃ ኾጧծеփиርጸհу οξора. Цեсравиψሐл аይоδемէ ви ядማщኻ хኣմемасв лυвቲ еኒուзво ռаղ ևкորո итኒбաճ εጻещоኂ. Зв ը պацаտօфаξ овектув ծուշոቷխч туτоклራз ኣыцах соλ ማухևк. 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Outre la bande-originale "classique" composée par Danny Elfman, Alice au pays des merveilles bénéficie également d'une compilation composée de titres inédits signés Avril Lavigne, Franz Ferdinand, Wolfmother ou encore Tokio Hotel. Alice au pays de la mode Non content de prendre d'assaut les salles du monde entier, Alice au pays des merveilles a également investi le monde de la mode, puisque la collection printemps/été 2010 de Donatella Versace, des accessoires de Stella McCartney, des bijoux de Tom Binns ou des robes uniques de grands créateurs ont été inspirés par le film, tout comme un collection de bijoux de cristal issue de la maison Swarowski. Couture numérique Pour mieux refléter les changements d'humeur du personnage, les habits du Chapelier Fou ont été retouchés numériquement en postproduction. De la 2D à la 3D Si Alice au pays des merveilles est diffusé dans les salles en 3D, le long métrage a pourtant été tourné en 2D, avant d'être converti "Je ne voyais pas l'intérêt de filmer en 3D", explique Tim Burton. "Après avoir vu le travail de conversion réalisé sur L' Etrange Noël de M. Jack 3D, je trouvais qu'il n'y avait aucune raison de faire autrement. Nous ne voulions pas que le tournage s'éternise, et au final je ne vois aucune différence de qualité." Accessoires de tournage Crispin Glover ne mesurant pas les 2,30 mètres de haut de son personnage, il a du tourner ses scènes avec sur des échasses. De la même façon, Matt Lucas Tweedledee et Tweedledum a été filmé dans un costume vert en forme de poire, qui l'empêchait d'avoir les bras collés le long du corps. Grâce à ces accessoires, les deux comédiens pouvaient ainsi mieux entrer dans la peau de leur personnage respectif, tandis que Tim Burton pouvait faire intervenir des personnes de tailles différentes dans un même plan. Commencer par la fin A en croire les premières photos de tournage qui sont apparues sur le Net, Tim Burton a commencé le tournage d'Alice au pays des merveilles par la dernière scène du film. Longue transformation Si la tête d'Helena Bonham Carter a été retouchée par ordinateur pour paraître deux fois plus grosse sur l'écran que dans la réalité, la comédienne devait néanmoins passer par une longue séance de maquillage "Cela prenait trois heures, mais j'adore être royale. Le problème, c'est que comme elle n'arrête pas de hurler, je perdais ma voix presque tous les jours vers 10h00... ... C'était vraiment épuisant toutes ces colères !", raconte l'actrice. Fou comme un chapelier En faisant des recherches pour son personnage, Johnny Depp a découvert que les chapeliers du XIXème siècle souffraient d'empoisonnement au mercure "L'expression "fou comme un chapelier" provient en fait des vrais chapeliers qui, pour fabriquer des hauts-de-forme en peau de castor, utilisaient une colle qui contenait une concentration élevée de mercure. Elle tâchait leurs mains et le mercure finissait par les rendre fous", raconte le comédien. Nouvelle approche "Tout le monde sait à quoi ressemble Alice, il était donc important de s'éloigner de cette image et de faire d'elle une adolescente plus réaliste, plus concrète, en conservant toutefois certains aspects caractéristiques du personnage d'origine", explique Mia Wasikowska, l'interprète d'Alice. "Aborder cette histoire sous cet angle original et la faire découvrir à une nouvelle génération était passionnant." Tim Disney ou Walt Burton ? Selon la productrice Suzanne Todd, "Tim Burton est, à sa façon, un nouveau Walt Disney. Il est absolument unique en son genre, et l'histoire d'Alice, son voyage et l'idée qu'elle cherche qui elle est vraiment, trouvent chez lui un écho profond." Un compliment amusant dans la mesure où le metteur en scène a fait ses débuts en tant qu'animateur au sein des studios Disney. Alice vue par Mia "Au début, Alice est mal à l'aise, mal dans sa peau", raconte Mia Wasikowska, son interprète. "Son expérience à Underland va la pousser à découvrir qui elle est. Elle va trouver en elle-même la force de décider de ce qu'elle veut vraiment." Underland ? Si vous entendez beaucoup parler d'un lieu nommé "Underland", dans Alice au pays des merveilles, ne vous étonnez pas "Underland est le pays fantastique qu'Alice a visité quand elle était enfant, mais elle a mal entendu le mot "Underland" et avait compris "Wonderland", le Pays des Merveilles", explique la scénariste Linda Woolverton. "Désormais au seuil de l'âge adulte, Alice est de retour, et elle découvre que le véritable nom de ce monde est Underland." L'avis de Johnny "Je suis convaincu que Lewis Carroll adorerait le film parce qu'il a été fait avec beaucoup de respect envers son oeuvre et qu'il s'enracine profondément dans l'histoire originale", explique Johnny Depp. "C'est un véritable plaisir de voir l'histoire et les personnages de Lewis Carroll s'animer à travers le regard de Tim Burton." Des sorciers au pays des merveilles Fidélité, quand tu nous tiens Avec Alice au pays des merveilles, Johnny Depp tourne pour la septième fois et la quatrième d’affilée avec Tim Burton, soit une fois qu’Helena Bonham Carter, qui en est ici à sa sixième collaboration avec son réalisateur de mari. Le film marque par ailleurs les retrouvailles de Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman et Timothy Spall, qui s’étaient donnés la réplique en chanson dans Sweeney Todd, le précédent film de Tim Burton. Tournage éclair Les prises de vues d’Alice au pays des merveilles n’ont duré que 40 jours, entre septembre et octobre 2008, avant de laisser place à la magie des effets spéciaux. Avis aux puristes Alice au pays des merveilles n’est pas une transposition fidèle d’Alice au pays des merveilles ou De l’autre côté du miroir, mais une libre adaptation des deux livres de Lewis Carroll. Des yeux de folie Dès la bande-annonce d'Alice au pays des merveilles, il est possible de remarquer que le Chapelier Fou joué par Johnny Depp a des yeux dissemblables, l'un étant dilaté, l'autre non. Sur le plan médical, une telle particularité est synonyme de sérieux troubles au cerveau. Le truc en plus Selon Tim Burton lui-même, c'est la gravité, la sagesse et la maturité de Mia Wasikowska qui l'ont convaincu de donner le rôle d'Alice à la jeune comédienne "C'est une qualité [la maturité] que j'ai toujours aimé sentir chez les gens. Cela se perçoit tout de suite dans leur regard, et nous avions besoin d'une personne capable de produire cet effet", explique le réalisateur. Encore de retour Avec le rôle du Dodo dans Alice au pays des merveilles, Tim Burton a réussi à faire sortir Michael Gough de sa retraite pour la troisième fois, après Sleepy Hollow 2000 et Les Noces funèbres 2005, et signe sa cinquième collaboration avec lui. Avant Mia... ... les noms d'Amanda Seyfried et Lindsay Lohan avaient circulé pour le rôle d'Alice, tout comme celui de Dakota Blue Richards, qui s'est présentée au casting pour découvrir que Tim Burton cherchait une adulte pour le rôle. Ironie du sort Mia Wasikowska n'est plus vieille que de 4 ans. Un conte en 3D ! Seconde adaptation par Disney du classique de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton est un conte fantastique coloré, décalé, déjanté ... et en 3D! En effet, le réalisateur qui refusait de faire du stop motion, a préféré mêler prises de vue réelles et animation. "La plupart des techniques ont été expérimentées au cinéma, mais on espère proposer ici un mélange assez novateur" . Tim Burton signe avec ce film sa toute première expérience en 3D... De ce fait, il faut un petit temps d'adaptation. Le réalisateur expliquait d'ailleurs pendant le tournage, que la magie de la technologie n'avait pas encore opérée. "A vrai dire, c'est une façon de travailler qui n'a rien à voir avec celle à laquelle je suis habitué. Quand on a un plateau et des acteurs, on voit tout de suite ce que cela rend, ce qu'on a. Là, c'est l'inverse... on a toutes ces pièces, et on voit le resultat final de ce qu'on a filmé que très très tard dans le processus de réalisation. Donc c'est vraiment étrange." Fantasme et fiction "Je voulais raconter cette histoire d'une nouvelle façon car aucune des adaptations cinéma ne m'a jamais vraiment plu. Je voulais transposer à l'écran l'imagerie que cette histoire a créée en moi", explique Tim Burton. Les secrets de tournage des films les plus populaires lors des 30 derniers jours Bullet Train 2022 Thor Love And Thunder 2022 Nope 2022 La Nuit du 12 2022 One Piece Film - Red 2022 As bestas 2022 Krypto et les Super-Animaux 2022 L'Année du requin 2022 Top Gun Maverick 2022 Joyeuse retraite 2 2022 Vesper Chronicles 2022 Les Minions 2 Il était une fois Gru 2020 Ducobu Président ! 2021 Menteur 2022 Elvis 2022 Prey 2022 La très très grande classe 2020 Tempura 2020 La Petite Bande 2022 Decision To Leave 2022
Alice au pays des merveilles Lewis Carroll Charles Lutwidge Dodgson de son vrai nom Illustrations de John Tenniel Folio Junior Gallimard Jeunesse 2015 La première édition date de 1865 Cette version du texte est accompagné d’un carnet de lecture réalisé par Nathalie Rivière. ♠♠♠ Alice s’ennuyait dans le jardin. Le livre de sa sœur ne l’intéressait pas, il faisait chaud, elle était à moitié somnolente, quand tout à coup… Elle vit passer un lapin blanc aux yeux roses qui marmonnait “Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Je vais être en retard !” tout en courant et en tirant une montre gousset de son gilet ! Alice, dévorée par la curiosité, se leva d’un bond, couru après le lapin blanc et s’enfonça, à sa suite, dans un énorme terrier… ♠♠♠ Mon avis Tout le monde, ou presque, connaît le dessin animé réalisé par les studios Disney en 1951 ou encore la version de Tim Burton sortie en 2010. Cette histoire a inspiré de nombreux auteurs, illustrateurs ou encore réalisateurs… Mais avez-lu l’histoire originale ? Je ne vous cacherai pas que j’ai eu un peu de mal… J’avais pourtant bien aimé le dessin animé de Disney je n’ai pas vu la version de Tim Burton, mais entre voir des images loufoques et lire les descriptions, ce n’est pas la même chose ! Pourtant, en général, je préfère le livre à l’adaptation cinématographique, mais cette fois-ci, j’avoue que le texte m’a paru bien long et que j’ai eu hâte de le finir. Comme je suis un peu maso il faut croire ! et que j’ai retrouvé dans une des nombreuses bibliothèques de la maison la suite, c’est à dire “De l’autre côté du miroir”, je vais tout de même essayer de le lire… ♠♠♠ Publié pour la première fois en 1865 traduit en France en 1961 Alice au pays des merveilles est devenu un “classique” du conte pour enfants, au même titre que ceux des frères Grimm ou d’Andersen… Si vous voulez en savoir plus sur Alice et son univers, n’hésitez pas à aller visiter ce blog qui lui est totalement consacré ! Et pour la voir au théâtre, avec Philippe Noiret comme narrateur, c’est ici ! Pour le lire en pdf, c’est ici. ♠♠♠ De l’autre côté du miroir Lewis Carroll Illustrations de John Tenniel Folio Junior 1980 Édition originale parue en 1871 Le miroir brille dans le salon. Fascinée par sa transparence, Alice interroge Kitty, sa chatte blanche, qui ne fait que lui répondre rron, rron. Mais voilà que la glace se transforme et se brouille. Alice plonge dans le miroir. De l’autre côté, elle découvre un pays peuplé de personnages plus étranges les uns que les autres des fleurs qui parlent, deux bonshommes inséparables, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, ou encore le Gros Coco, un œuf plutôt prétentieux… Un autre pays des merveilles ! Mon avis Je ne l’ai même pas terminé… J’ai lu les 6 premiers chapitres, soit près de 120 pages sur 180 dans cette édition mais vraiment, je n’accroche pas ! Peut-être parce qu’il faut connaître un peu les comptines anglaises, les personnages pour enfants ? Je ne dois pas avoir les “codes d’accès” pour cette littérature… Que cela ne vous empêche pas d’essayer, d’autres que moi ont aimé ! Nous suivre et partager A propos Nathalie Passionnée de lecture depuis que je sais lire. J'ai rarement passé une journée sans lire au moins quelques lignes ! J'aime la littérature jeunesse, les bandes dessinées, les romans y compris polars et SFFF. Lien pour marque-pages Permaliens.
Alice » 1988, un film de Jan Svankmajer L'univers onirique des Aventures d'Alice au pays des merveilles 1865 de Lewis Carroll et les transformations subies par son héroïne ont inspiré depuis les débuts du cinéma de nombreux réalisateurs1. C'est surtout la version animée de Walt Disney 1951, calquée sur la narration originale mais fortement dépouillée de sa portée critique, qui consacre la popularité d'Alice. Soixante ans plus tard, en 2010, Tim Burton réalise une adaptation contemporaine produite et distribuée par Walt Disney Pictures où Alice, devenue une belle jeune femme de dix-neuf ans, retourne au pays des merveilles et traverse une série d'épreuves qui culminent dans la conquête de son émancipation. Entre ces deux périodes, le réalisateur tchèque Jan Svankmajer nous livre en 1988 une étrange pépite cinématographique avec son premier long métrage Alice ou Quelque chose d'Alice d'après la traduction originale récompensé Meilleur film d'animation au Festival d'Annecy » l'année suivante. Librement inspiré du conte original tout en en conservant l'esprit contestataire, le film se distingue radicalement des adaptations moralisatrices et stéréotypées de Disney et de Burton2 aussi bien par sa forme hybride, mélange de prises de vue réelle et d'animation stop motion, que par ses intentions. Si le rêve occupe une place centrale dans les trois versions, elles ne s'en emparent ni ne l'incarnent de la même manière. Lisse et plutôt rassurant dans les versions de Disney et de Burton, le rêve se déploie essentiellement comme un joyeux divertissement, prétexte aux multiples rencontres et péripéties de la protagoniste, et sert de contexte à l'éloge de la conformité à l'ordre social établi. Dans celle de Svankmajer, en revanche, les épreuves que la protagoniste traverse durant son voyage onirique révèlent le versant obscur du pays des merveilles, le coin sombre de l'inconscient où se nichent les traumas archaïques et se jouent les tensions entre la vie et la mort. Ils renvoient à l'expérience primordiale de la vie in utero que le réalisateur exprime par une poétique de la tactilité fondée sur la conviction que l'expérience du corps est plus fondamentale que celle du regard, car le sens du toucher est antérieur à celui de la vue. Le film va se développer selon la logique du rêve, territoire intermédiaire entre la réalité et l'inconscient, dont la porosité sera révélée par un dispositif technique qui fait coexister la prise de vue réelle et l'animation stop motion. En même temps, le rêve va prendre littéralement corps selon la logique de la gestation, lieu de métamorphoses et de transformations aboutissant à la naissance d'un corps nouveau, celui d'une Alice émancipée du pouvoir tyrannique et oppressant de la reine des cœurs. L'hypothèse de la gestation se justifie également par la position particulière qu'occupe Alice dans le film et qui incarne la spécificité du songe protagoniste de son propre rêve, elle en est aussi la génératrice, ce qui lui confère un rôle actif et absolu dans la construction du chemin vers la conquête de sa propre autonomie. Dans ce sens, la démarche subversive du film réside d’abord dans sa singularité esthétique et dans son appréhension de la matière onirique comme terrain de l'expression de l'imaginaire et de la liberté; mais il s'agit aussi d'un propos idéologique qui se fonde sur l'expérience de la censure et de l'oppression dont Jan Svankmajer fut victime dans les années 1970. Selon lui, sa démarche artistique consiste à reconnaître et à légitimer la place que l'irrationnel occupe dans l'esprit humain », car face au conformisme dominant et à la répression qu'exerce la dictature de la rationalité, l'imagination est seule capable de subversion parce qu'elle proclame le possible contre le réel »3. Répression et transgressions À l'instar de l’œuvre originale, le film s'ouvre sur un paysage bucolique traversé par une rivière qui nous conduit vers Alice. Assise aux côtés de sa grande sœur plongée dans la lecture d'un livre, elle lance des pierres à l'eau pour tromper l'ennui. Sans y parvenir, elle tente de perturber la lecture de sa grande sœur qui l'en empêche en lui donnant une énergique tape sur la main. Acte de répression symbolisant une forme de pouvoir, la violence du toucher, mis en évidence par les gros plans visuel et sonore, produit chez la fillette une émotion proche de l'agacement qui va motiver la gestation onirique. Alice narratrice prête sa voix à tous les personnages qui peuplent le territoire onirique, comme si chacun était l'incarnation des pulsions, souvenirs et angoisses logés dans son inconscient Le regard fixe d'Alice tourné vers la caméra dévoile, en creux, le défi de la protagoniste face à son inadéquation au monde qui l'entoure. Il annonce une première transgression, symbolique, produite par la rupture du contrat narratif réaliste, c'est-à-dire l'entorse aux règles classiques du cinéma. La brèche ainsi provoquée dans le dispositif cinématographique révèle l'existence d'une Alice narratrice, se situant à l'extérieur de la diégèse de son propre rêve et représentée par un très gros plan de sa bouche. L'insert apparaît de manière récurrente tout le long du film et participe d'une certaine manière à la reconstitution du corps d'Alice qui substitue à ses yeux les images du rêve, et restitue sa bouche par l'intermédiaire de l'insert. Alice narratrice prête sa voix à tous les personnages qui peuplent le territoire onirique, comme si chacun était l'incarnation des pulsions, souvenirs et angoisses logés dans son inconscient. À la fois spectatrice, protagoniste et narratrice de son propre rêve, Alice est investie d'une forme de pouvoir d'agir sur son propre destin comme sur le spectateur qu'elle sollicite à être actif. De fait, dans le générique du film, elle l'invite à écouter son histoire et à la vivre en fermant les yeux car autrement il ne verra rien. À la fois annonce du regard intérieur qu'impose le principe du rêve et de l'introspection, la demande de fermer les yeux prépare aussi au renoncement – certes paradoxal – à convoquer la vue comme le sens principal permettant de regarder le film, pour lui substituer celui du toucher. À l'instar de ses expériences de toucher aveugle que le réalisateur a effectué afin de saisir le contenu sensible des objets, le film fait appel à leur caractère tactile comme façon de représenter les émotions que les matières inspirent, façonnant ainsi les ressentis des personnages. Les effets synesthésiques sont produits par le recours systématique au gros plan évocateur des états émotionnels d'Alice et de la nature subjective du rêve. Transition et rêv-eil » Dans la chambre d'Alice, sorte d'étrange cabinet de curiosités, chaque recoin livre une collection de jouets et d'objets étranges usés par le temps. Les gros plans d'un trognon de pomme, de mouches mortes, de vieux bocaux de confiture ou d'un piège à rat, suggèrent l'inquiétante étrangeté de l'univers fantastique et transgressif de l'enfance. C'est d'abord par le son, puis par l'image, que nous découvrons Alice en train de lancer des petits cailloux dans une tasse de thé. Entourée de ses deux poupées, la scène agit comme une réminiscence de celle du bord de la rivière et anticipe les personnages et les objets qui apparaîtront dans le rêve. Elle rappelle que le rêve se nourrit de la réalité, et inversement. Entre l'un et l'autre il n'existe pas de passages logiques », mais un infime mouvement physique celui de fermer ou d'ouvrir les paupières »4. Le basculement du réel vers le monde onirique survient sans transition visible ni effets spectaculaires. L'insert du gros plan de la lampe grésillante de sa chambre, tel un léger battement de cils, sépare le monde réel d'Alice endormie de celui du rêve où, encore assoupie, elle se laisse surprendre par un bruit de craquement suggérant une présence. En même temps que le spectateur, la fillette découvre ébahie le réveil du lapin taxiderme dans sa cage en verre. Animal mort mais statufié, il est réanimé par la magie de l'animation et le souffle du surréalisme. Pour le réalisateur, l'animation est une opération magique qui permet de donner vie aux choses mortes et aux objets inertes. Porteurs d'une vie intérieure, ils sont aussi les témoins de diverses histoires qui se sont inscrites en eux. Ils ont été touchés par des personnes qui se trouvaient dans diverses situations, sous le coup de diverses émotions et qui ont laissé en eux une trace de leurs états psychiques »5. La succession de gros plans et de très gros plans du lapin dévoilent la matière tourmentée » qui le compose. Ils font ressortir ses textures le pelage, la sciure de bois qui s'échappe de son ventre, les clous accrochés à ses pattes où se sont accumulées de mystérieuses émotions qui renvoient aux inquiétudes refoulées d'Alice, comme si elles étaient devenues palpables. Cette expérience du corps, centrale dans le cinéma de Jan Svankmajer, se manifeste par l'évocation tactile. Un toucher dont la mémoire permet de se reconnecter avec les replis les plus enfouis de l'inconscient, libérant ainsi une imagination pure, subversive et libératrice. Libéré du socle qui le maintient prisonnier, le lapin blanc déterre un tiroir où sont rangés veston et couvre-chef en velours rouge, gants et collerette dentelée qu'il enfile consciencieusement. Il brise ensuite la cage de verre avec une paire de ciseaux et s'échappe vers un champ labouré, continuité surréaliste de la chambre d'Alice et antichambre de l'évasion onirique de la fillette. Intermédiaire entre l'animé et l'inanimé, le rêve et la réalité, la vie et la mort, le lapin blanc devient le guide étrange et inquiétant qui va conduire Alice dans les tréfonds d'un territoire onirique contenu dans l'espace polymorphe de sa chambre. Structuré à la manière de poupées russes, l'espace de la chambre contient d'autres espaces altérés par exemple, la petite demeure en blocs de bois du lapin posée sur la table de la chambre d'Alice, elle-même une chambre à part entière où Alice aura du mal à s'incorporer. In utero Le voyage d'Alice au pays des songes peut être assimilé à un retour à la matrice pour mieux renaître. Si les références visuelles du film ne se rapportent pas explicitement aux fonctions du corps des femmes, c'est au mouvement descendant d'Alice, à la tactilité des images et aux métamorphoses qu'elle subit par la suite que l'on peut associer l'allusion à la gestation. En effet, dans la matrice le sens du toucher est bien celui qui s'éveille en premier lieu, suivi de celui du goût. La vue étant le sens qui se développe le dernier. Ce n'est donc pas un hasard si le film porte également sur l'inextinguible curiosité gustative d'Alice, comme lorsqu'elle goûte la sciure de bois dont le lapin blanc s'alimente, qu'elle boit l'encre qui la fait rapetisser ou qu'elle mange des petits morceaux de bois qui agissent sur la taille des objets dans la deuxième partie du film. Lorsque Alice atterrit dans un monte-charges en pleine descente, toutes sortes d'objets étranges disposés sur des étagères comme dans un cabinet de curiosités défilent devant ses yeux vieux jouets, bocaux de confiture infestés de punaises, fossiles, bocaux aux contenances organiques et bestiaire fantastique. Toutes ces choses sont les incarnations des angoisses primordiales vécues dans le temps in utero, pré-historique, où se jouent aussi les tensions entre la vie et la mort. Lorsqu'elle arrive au bout de la descente, Alice perce littéralement le plafond, évoquant ainsi le moment de la naissance. Cependant, au lieu de sortir vers le monde extérieur, elle s'enfonce dans les tréfonds de son subconscient. Métamorphoses du corps et re-naissance Métaphore de la dualité vie-mort, la perméabilité entre l'animé et l'inanimé est rendue possible par la coexistence entre l'animation et la prise de vue réelle, un des fondements de la démarche artistique du réalisateur. Influencée par le surréalisme, elle s'inscrit dans une réflexion critique et subversive à l'égard d'une logique rationnelle dont les normes limitent la créativité et la liberté. Cette perméabilité s'incarne principalement dans le corps d'Alice à travers les métamorphoses qu'il subit par les possibilités de l'animation. Ainsi, dans la scène des larmes, elle est trop grande pour passer par la porte minuscule de la pièce. Après avoir bu l'encre, elle finit par rapetisser mais sa petite taille ne lui permet pas d'accéder à la clé posée sur la table devenue trop haute. Passant brusquement de l'état de fillette en chair et en os à celui de petite poupée, les transformations de son corps révèlent son inadaptation aux lois d'un monde protéiforme et hostile, subtile allégorie de l'oppression d'un système sur l'individu. Du point de vue de la réception spectatorielle, l'inadaptation d'Alice trouve sa correspondance dans le trouble qu'éprouve le spectateur à s'identifier au corps brusquement changeant de la protagoniste. Le corps d'Alice est aussi l'objet de toutes sortes d'agressions de la part des personnages qui peuplent le monde du rêve le petit rat qui s'installe sur sa tête pour y planter des piquets, le lapin blanc qui prodigue des coups de pagaie, ou la violence verbale de la reine des cœurs portée par un obsessionnel et impitoyable coupez-lui la tête », qui semble renvoyer à la fragmentation du corps d'Alice narratrice. Dans le cinéma de Svankmajer, la création passe par la violence et la destruction des corps voir par exemple son court métrage Les possibilités du dialogue, 1982, c'est à dire de la matière, pour aboutir à une forme de re-naissance révélatrice de la transformation. Ainsi, la scène où le lapin blanc et sa cohorte d'étranges squelettes habillés en costumes précieux s'en prennent à Alice devenue poupée et l'agressent violemment. Suggérant une forme d'agression sexuelle, le viol onirique dont elle fait l'objet culmine au moment où Alice est intimée de grimper sur une planchette donnant sur un chaudron rempli d'un liquide blanc. Sacrifiée par ces pirates morts-vivants sur la planche du supplice, elle en ressort transformée en un corps gigantesque et rigide, pétrifié par le sort qui lui a été réservé. La tension entre la prise de vue réelle et l'animation, entre l'animé et l'inanimé, la vie et la mort apparaît lorsque les yeux de la grande poupée en plâtre laissent entrevoir ceux, inquiets, de la petite fille bien en chair et en os qui y est dissimulée, résumant en une seule image la portée et la puissance de l'enjeu du corps. Après maints efforts, Alice parvient à briser l'enveloppe plâtrée qui la tient prisonnière. Cette re-naissance aboutit à la dernière transformation d'Alice, qui est à la fois d'ordre physique et psychique. Redevenue réelle, elle ne retournera plus à son état de poupée, comme si sa transition vers un nouvel état sa re-naissance s'était enfin accomplie. Enfermée dans une sorte de cave garde-manger, elle observe, surprise, tout autour d'elle, les bocaux apparus lors de la descente en monte-charges. Animée par la curiosité qui la caractérise, elle découvre avec frayeur des objets du quotidien détournés de leur banale nature, tels le pain soudain criblé de clous, les œufs donnant naissance à des petits squelettes de poussin, la chair animée ou encore la boîte en métal qui livre une colonie de cafards. Le surréalisme tactile se couple au fantastique animé pour produire le cauchemar cathartique qui lui ouvrira les portes vers l'autonomie. Émancipation Libérée de ses peurs, Alice n'est plus en proie aux transformations physiques qu'elle avait subies jusque-là. Bien que le monde du rêve soit toujours agressif et violent à son égard, qu'elle est à chaque fois déroutée par l'univers singulier et le comportement fantasque des personnages qu'elle rencontre, elle s'affirme désormais en agissant sur le monde qui l'entoure, en le transformant à son tour, voire en lui redonnant vie. Après sa visite chez la chenille-chaussette, elle reçoit deux petits bouts de bois qui lui permettent d'agrandir les objets auxquels elle s'adresse. Ainsi, la scène où elle agrandit » la minuscule maison d'où s'échappent les cris monstrueusement aigus d'un bébé invisible qui se révèle être un cochon. Plus avant, lorsque la Reine des Cœurs lui propose de jouer au croquet, le maillet en forme de flamand rose qu'Alice tient entre ses mains devient oiseau, et la boule piquée d'épingles se transforme en hérisson, comme si l'âme des objets inertes reprenait vie, renvoyant à la tension entre la vie et la mort qui traverse l'oeuvre. Quelle tête trancher alors qu'Alice est elle-même tous les personnages cauchemardesques qui ont peuplé son rêve, et que son réveil est un refus de mourir ? À la fin du film, Alice parvient à défier le Roi et la Reine des Cœurs lors du procès final en transgressant leurs lois absurdes par la subversion, affirmant de cette manière son émancipation. Mais la punition s'accomplit d'une bien curieuse manière quelle tête trancher alors qu'Alice est elle-même tous les personnages cauchemardesques qui ont peuplé son rêve, et que son réveil est un refus de mourir ? Alice ouvre les yeux. Elle scrute tous les recoins de sa chambre et s'aperçoit avec stupeur que la cage en verre du lapin blanc est brisée et qu'il a disparu. Après s'être saisie d'une paire de ciseaux, elle prononce ces mots il est en retard, comme toujours. Je crois que cette fois-ci je vais lui couper la tête ». Elle même reine es cœurs, elle jette un trouble qui ne permet pas de trancher si elle est véritablement sortie du rêve ou si le rêve et la réalité ne font qu'un. Jusqu'au bout, Alice narratrice aura agi sur le spectateur en tirant les ficelles de son propre récit. Conclusion Grâce à un dispositif qui combine animation stop motion et prise de vue réelle, Jan Svankmajer s'empare du fantastique et du surréalisme pour se glisser dans la logique et la structure du rêve et explorer les recoins les plus profonds de l'inconscient, là où sont tapis les reliquats de l'enfance. Il constitue un chemin d'introspection - méthode privilégiée des surréalistes – installé sur le territoire inquiétant et violent du cauchemar dont l'enjeu se situe au cœur même de sa propre matière le désir, les obsessions et les angoisses les plus refoulés en tant que forces créatives et transformatrices de l'enfance. Fertilisé par l'imagination, le territoire du rêve libère les énergies occultes et mystérieuses qui se matérialisent dans la tactilité de la matière. Cette esthétique cinématographique s'attache à révéler le caché, l'irrationnel, l'imagination à travers la texture et la surface matérielle des choses et des objets. Récit à tiroirs, au propre comme au figuré, il se donne à voir à la manière d'un véritable cabinet de curiosités qui engage l'inquiétante héroïne – et le spectateur inquiet – dans un rituel d'initiation duquel elle ressort métamorphosée. Si le film ne contient pas de message proprement et ouvertement féministe, il s'empare des figures associées au corps féminin en tant que symbole de subversion par rapport à l'ordre établi. Contrairement aux images consensuelles de la version de Walt Disney, où Alice traverse le monde des songes avec la légèreté d'un bon rêve, celles de Jan Svankmajer se caractérisent par leurs textures brutes, crues, proches du cauchemar, qu'Alice accepte de confronter. Son univers onirique n'a rien de la douceur ni de la candeur que l'on attribue habituellement aux fillettes. Il est traversé par des pulsions et des désirs enfouis, violents, incarnés par des objets et des personnages inquiétants. Le parcours d'introspection d'Alice coïncide avec le chemin utérin initiatique, où l'expression des désirs et des angoisses les plus refoulées, proches de l'érotisme par exemple le liquide blanc dans la scène de la grande poupée en plâtre qui rappelle le liquide séminal, se révèle à travers la tactilité des créatures et des objets qui peuplent le rêve. Véritablement actrice de son propre destin, l'Alice de Jan Svankmajer est dotée d'un pouvoir d'agir – forgé par son imagination débridée et renforcé par son rôle à la fois de narratrice et de protagoniste de son propre rêve – qui lui assure la conquête de son émancipation. Ce n'est pas vraiment le cas de l'héroïne de Tim Burton, en dépit des ambitions du récit, des objectifs et des caractéristiques du personnage. La jeune Alice est déterminée à se battre contre un destin voué à un mariage qu'elle ne souhaite pas. Le chemin qu'elle se promet de suivre pour changer le cours de sa vie est essentiellement inspiré par ses mentors masculins le Chapelier fou, le père et la chenille, détenteurs de sagesse et de savoir, qui lui donnent les clés de son émancipation, alors que les figures féminines du film – la Reine des Cœurs et sa sœur la Reine Blanche – incarnent les archétypes des comportements traditionnellement attribués aux femmes laideur, hystérie, jalousie chez l'une ; beauté, grâce, gentillesse et altruisme chez l'autre. Laissant une place secondaire au rêve et à sa symbolique tout en le magnifiant visuellement par le recours à une technologie de pointe, la version de Tim Burton assure et reproduit, sous couvert de contestation, la place du modèle dominant. Dans cette perspective, Alice se positionne comme une critique plus large, une réflexion plus universelle qui entend exprimer son opposition à la tyrannie de la conformité, et sollicite à chaque instant la place et la reconnaissance de l'imagination comme territoire de liberté. Pour Jan Svankmajer le diktat et la logique du marché imposent la diversion commerciale au détriment de la création artistique authentique. Selon ses propres mots, cette civilisation ne compte pas sur les rêves car ceux-ci ne peuvent être commercialisés. » Poursuivre la lecture territoires du féminin, Jan Svankmajer Cayetana Carrión, Le Labyrinthe de Pan Porosité des mondes, Porosité des genres » dans Le Rayon Vert, 22 mai 2018. Cayetana Carrión, La Femme des sables Le Mythe de Sisyphe à l’ère atomique » dans Le Rayon Vert, 10 novembre 2017. Francesco Rimini, Insectes Le Testament de Jan Svankmajer » dans Le Rayon Vert, 11 mai 2018.
Alice au Pays des Merveilles, un récit qui a inspiré tant d’œuvres, notamment au cinéma. Si pour beaucoup l’adaptation du texte de Lewis Carroll est d’abord [celle de Walt Disney] dans les années 1950, ce ne fut ni la première, ni la dernière comme en a malheureusement témoigné la version de Tim Burton sortie en début d’année. Bien des années avant cette remise au goût du jour, Norman McLeod sortait sa vision son Alice au Pays des Merveilles est sorti en 1933 et c’était déjà à l’époque une version très moderne, avec multiples effets spéciaux. Ces derniers ont aujourd’hui un charme désuet, mais le film vaut surtout par l’influence qu’il a pu avoir sur l’imaginaire collectif entourant Alice. Alice au Pays des Merveilles version 1933 mêle en fait les deux récits de Lewis Carroll. Si la postérité retient surtout le premier opus et notamment son titre, le Britannique avait aussi écrit une suite nommée De l’autre côté du miroir. McLeod choisit de commencer son film avec ce dernier Alice, 12 ans et quatre mois, s’ennuie ferme alors qu’on l’interdit de sortir sous la neige. Rester auprès du feu avec sa surveillante pour coudre ne l’enchante guère et elle tourne en rond, littéralement. Profitant du départ de la surveillance adulte, elle monte sur la cheminée et pousse le miroir tout en imaginant la maison de l’autre côté, une maison qui serait identique à la sienne, mais inversée. Là voilà qui passe de l’autre côté du miroir et découvre un monde effectivement inversé, où les portes s’ouvrent du bas vers le haut et où on peut regarder une photo de l’arrière. C’est aussi un monde étrange où les horloges parlent et disent n’importe quoi et où les pièces d’un échiquier sont vivantes. Alors que l’histoire semblait donc clairement s’orienter du côté du miroir, l’histoire traditionnelle d’Alice reprend vite ses droits. La jeune fille suit un lapin dans le jardin, tombe dans le trou et se retrouve dans la fameuse pièce avec la petite porte. Dès lors, tous les évènements bien connus sont exploités par le film, le chapelier fou et son thé permanent, la reine rouge qui veut décapiter tout le monde et joue au cricket avec des Flamands roses, la chenille qui fume un narguilé, le mystérieux chat fantôme, etc. Il est assez fascinant de constater que l’histoire d’Alice se répète sans vrais ajouts d’une adaptation à l’autre. Certes, l’histoire est toujours la même, celle de Carroll. Mais enfin, le récit fantastique était suffisamment riche pour permettre des adaptations différentes et on s’aperçoit vite qu’elles sont toutes très proches. Le cru 1933 de Alice au Pays des Merveilles donne un peu l’impression de voir les fondements d’un mythe qui sera ensuite décliné, mais jamais vraiment renouvelé[^1]. La scène de la chute dans le trou et de la petite pièce reprendre ainsi à s’y méprendre à leurs équivalents chez Disney ou même chez Burton. À tel point que l’on peut avoir le sentiment d’assister à une énième redite un brin lassante, ce qui n’est pas juste si l’on pense à la chronologie. L’inspiration est forte, au point qu’une séquence entière a été simplement dupliquée dans le film d’animation de Walt Disney le film de McLeod contient une séquence animée pour raconter l’histoire cruelle des huitres et la séquence est identique, la couleur exceptée, à ce que fera Walt Disney une vingtaine d’années plus tard. Une manière de signaler l’inspiration principale pour les studios d’animation ? Comme chez Walt Disney, le message de Lewis Carroll est édulcoré par le Alice au Pays des Merveilles de McLeod. Le texte original s’adressait aux enfants pour proposer un message bien éloigné du puritanisme anglican, offrant à ceux qui savaient lire entre les lignes une célébration de la drogue en bonne et due forme. Rien de tel ici les substances avalées par Alice sont toujours inoffensives même quand il s’agit d’un champignon, tandis que la fumée de la chenille, par exemple, n’a aucune utilité concrète. De manière générale, le film propose un traitement premier degré assez surprenant pour nos yeux modernes habitués aux films à plusieurs niveaux. Aucun second degré perceptible ici, on suit une petite fille modèle dans ce pays merveilleux et on le découvre avec ses yeux et ses yeux seulement. Alice s’émerveille souvent, s’étonne de temps en temps, a parfois peur… mais cela ne va jamais bien loin. Encore enfant, elle accepte largement ce qu’elle voit et tout le côté roman initiatique a totalement disparu quand le film se termine, Alice se réveille et c’est comme s’il ne s’était rien passé. Ce premier degré est constant et donne lieu à quelques dialogues totalement absurdes et parfois involontairement comiques. On regarde l’ensemble d’un air amusé, incapables de prendre au sérieux cet univers, comme s’il ne s’agissait que d’une parodie. Le film est cependant plus noir que le dessin animé qui a suivi par exemple, et met plus l’accent sur l’absurdité des situations on a ainsi une séquence d’anthologie avec une tortue à tête de vache qui n’arrête pas de pleurer et qui est plutôt impressionnante. Beaucoup plus, d’ailleurs, que la reine rouge habituellement grande méchante des adaptations d’Alice au Pays des Merveilles, mais traitée ici sur le mode de la bouffonnerie et de la farce. Sorti dans les années 1930, Alice au Pays des Merveilles est également techniquement amusant aujourd’hui. Pourtant, le film n’est pas totalement ridicule, loin de là. Le tournage a été fait sans doute entièrement en studio, avec de nombreux décors et toiles peintes créés pour le film, ainsi que de nombreux déguisements ou marionnettes. Tous les personnages fantastiques sont interprétés par de véritables acteurs, ce qui leur donne un côté théâtral assez plaisant. À comparer cette version à l’ancienne et la très moderne et mauvaise version de Tim Burton sortie récemment et qui faisait étalage d’une puissance technique sans borne et sans intérêt, on se dit que les effets spéciaux à outrance ne sont pas forcément une bénédiction pour le cinéma. Alors certes, le flou pour signifier les changements de taille d’Alice, c’est un peu léger, mais peu importe et cet Alice au Pays des Merveilles a clairement un charme. Cela dit, au jeu des comparaisons, on se dit aussi que la meilleure version reste peut-être, finalement, celle de Walt Disney. Peut-être est-ce le souvenir de l’enfance qui ressort, mais je trouve qu’une histoire comme celle d’Alice bénéficie bien des libertés offertes par l’animation. Tim Burton a cependant bien prouvé qu’une liberté technique totale ne suffit pas à faire une bonne adaptation de Alice au Pays des Merveilles. À choisir, je préfère encore le charme désuet de la 1933 qui a en plus le bon goût de ne pas durer trop longtemps et qui ne souffle d’aucune baisse de rythme, les différents éléments s’enchaînant à toute allure. L’adaptation de Alice au Pays des Merveilles par Norman McLeod est un document intéressant par son statut de film fondateur. Sa vision du récit de Lewis Carroll est celle qui s’est imposée depuis et que l’on retrouve autant dans le dessin animé de Walt Disney des années 1950 que dans la version Tim Burton de 2010. Bénéficiant d’une technique au charme désuet, le film se révèle très premier degré quant à sa vision de cet univers fantastique marqué entre les lignes par la drogue. Intéressant pour les amateurs d’Alice au Pays des Merveilles… Le film sortira en DVD en septembre, dans une version restaurée, mais qui présente malgré tout de nombreux signes de son grand âge.
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