Amon retour, je me suis forcée à sourire et tout le monde a cru que j'allais bien.: Dostałam wolne, a kiedy wróciłam, zaczęłam się uśmiechać, wszyscy myśleli, że wszystko ze mną w porządku. Au bout de quelque temps, comme on ne la voyait plus, tout le monde a cru qu'elle était morte. Po pewnym czasie, odkąd jej nikt nie widział
Dansle coeur, Comme chaque cassure A l'intérieure Un jour, Ca passera ☆☆☆ ☆☆☆ ☆☆☆ ☆☆☆ La ViE eSt BeLLe * MaiS PaS EteRneLLe * AloRs ProFitOnS Du PréSenT * CaR CHaQuE MoMenT eSt ImpOrtAnT ☆☆☆ ☆☆☆ ☆☆☆ ☆☆☆ Oй rêv℮ tout℮s uй jour Ou l'autr℮, d℮ r℮йcoйtr℮r Qu℮lqu'uй d℮ bi
Cejeudi, il s'intéresse à une avancée en matière de lutte contre les fake news, une façon de "vacciner" contre la désinformation. Ce matin,
Mardimatin, le compte Twitter et le site web du Real Madrid ont annoncé que leur jeune attaquant brésilien Rodrygo avait été ajouté à la liste des
DansTout le monde veut prendre sa place, le champion phare de l'émission vient de perdre son titre.Dominique Bréard, qui participait à l'émission de
Lesfausses nouvelles, de l’anglais « fake news », engloutissent la démocratie. Telle est la récente conclusion tirée par le camp des perdants de 2016, qui rassemble les déçus du Brexit, des élections américaines et du référendum italien. Un raisonnement valable, à condition d’identifier les vrais responsables de ce naufrage
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Dans le premier cas, une usine de retraitement des matières radioactives était détruite par un code complexe. Il s’était introduit sur les systèmes de commande régulant les centrifugeuses. Le piratage des paramètres de contrôle de leur fonctionnement a accéléré leur vitesse de rotation, détruisant ainsi les WannaCrypt, l’attaque a touché plus 150 pays grâce à une diffusion de masse via Internet. Notons toutefois que le ransomware utilisé exploitait une vulnérabilité qui, en toute logique, n’aurait pas dû apparaître puisque le correctif de cette vulnérabilité patch était disponible bien avant la ce contexte, les victimes ici, nous parlons des entreprises sont malgré elles responsables. Responsables notamment dans ce dernier cas de ne pas avoir effectué la mise à jour des failles connues. L’attaque aurait pu être évitée si une politique efficace de gestion des vulnérabilités était en place. Ainsi, la perversité des cyberattaques sur Internet révèle des carences en matière de sécurité pour les victimes. Avec l’arrivée du RGPD, cette négligence pourrait même transformer les victimes en accusés. Pour autant, le pire est sans doute à venir avec les fake news quel lien avec Internet ?Si les rumeurs existent depuis toujours, Internet a permis d’amplifier leur portée à l’échelle mondiale. Généralement, les cybercriminels diffusent des photos truquées pour plus de vraisemblance, car notre cerveau accepte plus vite ce qu’il croit déjà être une vérité. Les fake news, présentées comme telles, sont relayées par les nouveaux médias Facebook, Instagram, Twitter, YouTube... qui disposent d’une forte puissance en matière de visibilité. La portée des informations qu’ils véhiculent se trouve renforcée non plus naturellement, mais récupération de données personnelles via les fake news permet aux cybercriminels de rassembler des informations importantes sur leurs cibles. Les internautes commencent d’ailleurs à s’en inquiéter y compris lorsqu’il s’agit de sites Internet connus, provenant de marques de confiance. Le cabinet britannique Arlington Research pour Gigya révèle que deux tiers 67 % des consommateurs britanniques s’interrogent sur l’utilisation de leurs informations personnelles par les marques nom, e-mail, position géographique et statut filtrer ces fake news pour faire du monde virtuel un monde crédible ? Faut-il cyberarmer l’internaute, et avec quoi ? Les éditeurs de solutions de filtrage offrent déjà un bel arsenal. Est-ce suffisant face aux évolutions des cybermenaces ?La réponse n’est pas si simple. L’Internet libre et gratuit des années 80 s’apparente de plus en plus à un réseau où la méfiance et la crainte des cyberattaques règnent. Sous le couvert de la liberté d’expression, les pirates ont pris le bon filon pour attaquer en masse les internautes. Chaque attaque réussie enrichit les pirates, leur permettant de complexifier de plus en plus leurs fake news ont un double effet générer de l’argent pour les cyberattaquants elles constituent un support de phishing potentiel et mener des campagnes de désinformations. Ainsi, les partis politiques et gouvernements redoutent la manipulation de l’opinion publique au travers de ces fake news, notamment en période d’élections. Ce phénomène demeure inquiétant, car Internet est une source d’informations importante et notre société vit dans l’ course contre la montre a joué des tours à plusieurs rédactions réputées comme sérieuses qui, souvent par faute de moyens, n’ont pu vérifier par eux-mêmes leur source et ont diffusé une fake news tout en étant persuadés qu’il s’agissait d’une vérité. S’achemine-t-on ainsi vers plus de démentis y compris de la part des professionnels de l’information ? Si aucun filtrage sérieux et efficace n’intervient, le risque de voir se développer des professionnels de la désinformation devient techniquement parlant, peut-on filtrer les fake news comme on détecte les spams et ransomwares ?Les avancées technologiques machine learning, analyse sémantique, contextuelle profitent aussi bien aux pirates qui perfectionnent leurs techniques qu’aux mesures de défense permettant de détecter les menaces. Les fake news, tout comme les spams ou les hoaxs ont un caractère illégitime. Les catégoriser permettrait de les détecter le banc d’essai depuis plusieurs années, la technologie dite "machine learning" est utilisée pour modérer les contenus, car elle est capable de reconnaître les contenus inappropriés. Le développement de cette intelligence artificielle s’étend aux fake news. Ces dernières reposent sur un contenu différent des posts des internautes. Facebook teste ce nouveau procédé pour tenter de limiter le nombre de contenus indésirables. Grâce à de puissants algorithmes, la véracité d’un compte est calculée, reposant sur différents critères langues, nombre de posts, images, etc.. Tous les comptes détectés comme suspects sont suspendus jusqu’à ce que leur identité soit cette lutte contre la désinformation, Facebook met également les internautes à contribution pour signaler des contenus douteux apparaissant dans leur fil d’actualité. Bien que la démarche soit honorable, elle n’en est pas moins infaillible. Les utilisateurs doivent redoubler de vigilance tant que le système ne sera pas sûr. Par ailleurs, la dénonciation pourrait être utilisée à l’inverse de ce pour quoi elle a été prévue. Ce cas de figure est notamment vrai au sein des régimes dictatoriaux qui souhaitent fermer des groupes Facebook dénonçant le régime totalitaire de leur pays.
Politique Elections européennes 2019 Le Rassemblement national ex-FN et Debout la France multiplient les contre-vérités, amplifiées par les réseaux sociaux. Article réservé aux abonnés Vous savez qu’on va vendre l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne ? » Au premier rang face à la scène qui attend Marine Le Pen, samedi 19 janvier, un militant aux cheveux blancs bouillonne dans un gymnase du Vaucluse. Les journalistes disent tellement de mensonges », qu’il ne donnera pas – ah, ça, surtout pas ! » – ne serait-ce que son prénom. Si c’est pour être déformé… » Avec son épouse, il vient de décider de boycotter BFM-TV. L’information, les deux retraités vont la chercher sur l’Internet », désormais. Sur Facebook, ou en tapant des mots-clés sur les moteurs de recherche gilets jaunes », Marine Le Pen », Aix-la-Chapelle ». C’est quelque part là-dedans » que le militant est tombé sur cette histoire de vente de l’Alsace-Lorraine. Enfin, pas tout à fait lui-même. Une dame là-bas l’a lu sur son téléphone », confie-t-il en pointant la foule du doigt. Et il y a Marine qui l’a dit », ajoute une autre sympathisante du Rassemblement national RN. Impact des réseaux sociaux La présidente du parti d’extrême droite a en réalité évoqué la veille, sur les réseaux sociaux, une mise sous tutelle d’une part de l’Alsace » et un partage » du siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU avec l’Allemagne, prévus, selon elle, par le traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle. Quelques jours plus tard, c’est au tour de la tête de liste RN aux européennes, Jordan Bardella, de défendre ces contre-vérités au micro de France Inter, d’un cinglant on a le droit d’avoir un avis qui diverge des journalistes ». Dans leur bouche, la fake news c’est quand vous ne pensez pas comme eux », persiste Marine Le Pen en meeting dans la Manche, samedi 9 février. Peu importe qu’il n’y ait nulle trace de ce partage de siège ou d’une quelconque vente » de l’Alsace à l’Allemagne dans le traité signé mardi 22 janvier, l’opinion primerait donc sur les faits. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le populisme, nouvelle grammaire politique Dans une vidéo publiée le 11 janvier puis supprimée, le député européen ex-FN passé chez Nicolas Dupont-Aignan, Bernard Monot, est même allé jusqu’à dénoncer un putsch contre la France », traitant le président de la République de Judas » qui s’apprêterait à livrer l’Alsace et la Lorraine à une puissance étrangère ». Rien de neuf à l’extrême droite. La stratégie national-populiste a toujours été dans l’outrance et la caricature », souligne le sociologue Sylvain Crépon, qui relève toutefois une révolution majeure l’impact des réseaux sociaux. Ils ont provoqué une forme de démocratisation de la “fake news”, qui se répand très facilement, en deçà du discours politique et avec l’impression d’une réappropriation de la vérité. Sur Internet, chacun se sent un enquêteur en puissance… » Sans forcément avoir conscience des intentions politiques de ceux qui relaient ces informations biaisées. De fait, la vidéo de Bernard Monot a été massivement partagée sur les forums et sites orientés à l’extrême droite, mais elle a également ruisselé jusque dans des groupes Facebook d’apparence apartisane, notamment ceux de gilets jaunes ». Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
S’il fallait une ultime preuve que la désinformation et la propagande politique peuvent être diffusées à travers l’application WhatsApp, les élections présidentielles brésiliennes en ont offert un exemple inquiétant. Le second tour du scrutin est prévu dimanche 28 octobre et oppose Fernando Haddad Parti des travailleurs – PT, gauche et Jair Bolsonaro Parti social libéral – PSL, extrême droite. Depuis des semaines, le rôle et l’influence de WhatsApp font partie des thématiques de campagne, alors que des millions de messages à teneur politique circulent dans les poches des électeurs à travers cette messagerie, propriété de Facebook depuis 2014. Nos articles, reportages et analyses à lire avant le second tour des élections au Brésil Sur Jair Bolsonaro Ultralibéral et antisystème, le programme de Jair BolsonaroLes douze apôtres » de BolsonaroReportage avec une famille qui votera pour Bolsonaro sans trembler »Son vice-président, le sinistre général Hamilton MourãoL’entretien Avec Bolsonaro, on a un potentiel pour quelque chose de plus meurtrier que la dictature militaire »Paulo Guedes, le Chicago Boy » qui dicte le ton économiqueLudmilla Teixeira, l’emmerdeuse » des pro-BolsonaroMême Barbie vote à l’extrême droitePourquoi Bolsonaro séduit le sud du BrésilElection au Brésil Vers une nouvelle victoire des réseaux sociaux sur la démocratie ? », par Miguel Lago, président de Nossas. Le politologue estime que le probable succès de Jair Bolsonaro, lors du second tour de la présidentielle, dimanche 28 octobre, se fonde sur la manière dont le candidat a su tirer profit des nouvelles technologies pour distiller un discours sensationnaliste prompt à se propager. Brésiliens, Brésiliennes n’abandonnez pas vos valeurs ». Des personnalités, telles Michel Wieviorka, Alain Touraine, Christian de Portzamparc, Isabelle Huppert ou Edith Cresson, dans une tribune au Monde » s’alarment des dangers qu’encourt la démocratie au Brésil, si le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro venait à remporter, dimanche 28 octobre, l’élection présidentielle. Sur la situation politique et économique du pays Des centaines de millions de messages » Au point où, le 18 octobre, la gauche brésilienne a demandé l’ouverture d’une enquête auprès du Tribunal supérieur électoral brésilien. Le Parti des travailleurs PT et ses alliés suspectent leurs adversaires politiques d’avoir orchestré une campagne de désinformation à l’encontre de M. Haddad et du PT, à travers des messages envoyés sur WhatsApp. Cette demande a eu lieu au lendemain des révélations du quotidien Folha de S. Paulo, selon lesquelles quatre services spécialisés dans l’envoi de messages en masse sur WhatsApp Quick Mobile, Yacows, Croc Services, SMS Market ont signé des contrats de plusieurs millions de dollars avec des entreprises soutenant la campagne de Jair Bolsonaro. Ces services spécialisés sont capables d’envoyer des centaines de millions de messages » par WhatsApp, indique le quotidien. La diffusion de tels messages est de nature à être épinglée par la loi brésilienne. Le financement de campagne électorale par des entreprises privées est illégal. Il est question de fraude », a réagi un membre du PT. Un autre usage illégal de WhatsApp proviendrait du fait qu’un parti politique ne peut, au Brésil, envoyer des messages qu’aux personnes recensées dans les bases de données de sympathisants. Or, les entreprises spécialisées citées par le Folha de S. Paulo proposaient également des forfaits d’envois de messages à des listes d’utilisateurs WhatsApp qu’elles fournissaient elles-mêmes, et dont l’origine reste incertaine. Le quotidien évoque des listes de numéros obtenues illégalement à travers des compagnies téléphoniques, ou de recouvrement de dettes ». En réaction aux révélations du Folha de S. Paulo, WhatsApp a fermé 100 000 comptes utilisateurs » associés aux quatre entreprises concernées, et leur a demandé de ne plus envoyer de messages en masse de la sorte. Une application qui a remplacé les e-mails Autant de chiffres donne le tournis. Du point de vue des utilisateurs français, un tel usage de WhatsApp à des fins de propagande électorale massive peut surprendre, alors qu’ils sont plus souvent habitués aux conversations privées, aux groupes rassemblant des collègues ou des membres de leur famille. L’utilisation de WhatsApp est bien différente au Brésil, tant la messagerie y est populaire. En mai 2017, il s’agissait du deuxième pays le plus utilisateur de cette application au monde, derrière l’Inde 120 millions de personnes avaient alors un compte actif, sur 210 millions de Brésiliens. En 2016, une étude de la Harvard Business Review indiquait que 96 % des Brésiliens ayant un smartphone utilisaient WhatsApp comme première application de messagerie. Dans un pays où les SMS coûtent très cher, le succès de l’application, légère, rapide, fonctionnant sur tous les modèles de smartphones et utilisant le réseau Wi-Fi ou la 3G est foudroyant. Ce succès s’explique aussi par une politique agressive de la part de Facebook pour s’imposer dans les smartphones au Brésil, développe Yasodara Cordova, chercheuse en désinformation numérique » digital misinformation à l’université Harvard, qui a écrit sur le sujet pour le site The Intercept. 60 % des Brésiliens utilisent des forfaits prépayés, avec des limitations, mais dans lequel ils ont un accès gratuit permanent à WhatsApp et à Facebook grâce aux accords passés entre Facebook et les opérateurs », explique-t-elle au Monde. L’application est utilisée par tous les secteurs de la société. Elle a complètement remplacé les e-mails », commente Claire Wardle, directrice exécutive chez First Draft. Ces derniers mois, cette association internationale de journalistes et de chercheurs a travaillé au Brésil dans le cadre du projet collaboratif Comprova, qui collecte et dément les fausses informations qui circulent sur WhatsApp. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Brésil le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro assume sa ligne Une multitude de groupes En quelques années, WhatsApp a dépassé son rôle de messagerie privée pour s’imposer comme une solution de communication publique majeure. Ce qui s’est traduit par une utilisation intensive de l’application à des fins de communication politique lors de la campagne présidentielle, sans toutefois remplacer les autres réseaux sociaux le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, a bien construit l’essentiel de sa communication sur Facebook, YouTube, Instagram et Twitter, où il cumule près de dix-sept millions d’abonnés. Lire aussi Elections au Brésil ultralibéral et antisystème, le programme de Jair Bolsonaro Sur WhatsApp, en revanche, la diffusion verticale » de l’information depuis un compte amiral comme sur Facebook ou YouTube en clair une page gérée par un administrateur et pouvant être likée » est impossible. Le fonctionnement de l’application n’autorise que des conversations de groupe ouvertes à 256 personnes maximum. Impossible donc d’y développer des fils de discussion géants, alimentés par des administrateurs qui disposeraient d’audiences considérables. Résultat la circulation de l’information sur WhatsApp se retrouve fragmentée, à travers une multitude de groupes. Les équipes de campagne ont été très fortes pour créer de nombreux groupes de 256 utilisateurs, qui diffusent des contenus identiques », explique Mme Wardle. La viralité d’un message ou d’une vidéo se construit grâce au transfert de messages de groupes en groupes, une opération que chaque utilisateur peut faire en un coup de pouce. La taille moyenne d’un groupe WhatsApp au Brésil est de six personnes, continue Claire Wardle. En ce qui concerne les fausses informations que nous repérons, elles circulent dans tout type de groupes. Elles peuvent partir d’un groupe important puis se transmettre à des groupes de plus en plus petits, par le biais des transferts de messages effectués par les utilisateurs. Elles atterrissent finalement dans des groupes WhatsApp vraiment petits, mais où les gens se font vraiment confiance. » Viralité Ce fonctionnement est comparable à un simple transfert de mail, appliqué à l’écosystème de WhatsApp. Selon El Pais, qui reprend une publication de chercheurs ayant étudié pendant plusieurs mois le phénomène de viralité dans quatre-vingt-dix groupes, les techniques pour diffuser les messages à grande échelle sont bien rodées des militants organisent le travail de partage de messages, ou ciblent des régions précises du pays en étudiant les préfixes téléphoniques. L’Agence France-presse AFP donne l’exemple d’un partisan de Jair Bolsonaro qui disait recevoir environ 500 messages WhatsApp par jour, pour et contre les deux candidats du second tour. Cela ne fait pas de différence pour moi, a-t-il expliqué. Mais ma mère a reçu un message disant que Bolsonaro supprimerait le treizième mois et elle l’a cru. » Le jour du premier tour, nous avons aussi vu sur WhatsApp des fausses informations sur le processus de vote, des gens qui expliquaient par exemple que les machines de vote étaient cassées, etc. Soit le même genre de fausses informations qu’on a vu circuler aux Etats-Unis en 2016 », explique Claire Wardle, de First Draft. Le phénomène est global, et tous les camps politiques brésiliens pendant la campagne ont été touchés, y compris celui du favori. Dans un reportage diffusé par la BBC en septembre, une journaliste ayant étudié des milliers de groupes WhatsApp » donne notamment l’exemple d’une rumeur sur l’état de santé de Jair Bolsonaro, qui s’est avérée mensongère. Des rumeurs basées sur des images En tout, depuis juin, la cinquantaine de journalistes réunis dans le projet Comprova a recensé plus de 60 000 messages problématiques signalés directement par des utilisateurs de WhatsApp, auxquels ces journalistes ont répondu, tant bien que mal. Dans le New York Times, les responsables de Comprova disent aussi avoir recensé 100 000 images à caractère politique » dans 347 groupes WhatsApp les plus populaires qu’ils ont pu intégrer grâce à des liens d’invitation. Parmi les cinquante images les plus virales au sein de ces groupes, 56 % d’entre elles sont selon eux de fausses informations ou présentent des faits trompeurs. Les fausses informations sur WhatsApp sont plus visuelles qu’ailleurs il y a beaucoup de mèmes, qui appuient sur des réactions émotionnelles autour de sujets comme l’immigration, les crimes, ou les croyances religieuses, pour créer des tensions », confirme Mme Wardle. Ces réactions sont exacerbées par le fait que WhatsApp se consulte principalement sur un écran de téléphone le contexte de la photo ou de la vidéo en question, de même que son origine, sont rarement mentionnés. Application conçue avant tout pour petit écran, WhatsApp favorise la diffusion de messages vidéo enregistrés en mode selfie », où l’on écoute une personne parler, sans forcément savoir qui elle est, d’où elle parle, combien de fois la vidéo a été vue… Rumeur sur l’ idéologie de genre » Parmi les nombreuses rumeurs recensées par Claire Gatinois, correspondante du Monde au Brésil, figure celle du kit gay » que Fernando Haddad, le candidat du PT, voudrait généraliser dans les écoles primaires pour enseigner l’homosexualité. Cette information ne repose sur rien, explique El Pais, mais elle a été largement diffusée par les soutiens de Jair Bolsonaro. Un utilisateur de WhatsApp au Brésil a pu ainsi recevoir, au gré des partages de groupes en groupes, un tract électoral dénonçant l’ idéologie de genre » dans les écoles, avec la photographie du candidat Haddad. Comme s’il avait reçu un tract dans la rue, sans davantage d’explications. Pour obtenir des informations supplémentaires ou des éléments de contexte, il devra se rendre sur un navigateur Internet et effectuer des recherches. Or WhatsApp ne favorise pas cette démarche. L’application n’a pas été conçue pour diffuser de l’information avec une telle ampleur. C’est avant tout une messagerie privée », abonde la chercheuse de l’université Harvard Yasodara Cordova. La présentation d’une fausse information sur WhatsApp est souvent différente » d’autres plates-formes, explique-t-elle, citant une rumeur sur un bourrage d’urnes électroniques en fait un piratage de disque dur démentie par les fact-checkeurs de Comprova. Alors que le post Facebook dénonçant la supposée tricherie est accompagné de vidéos explicatives, la version WhatsApp de la rumeur ne fait, elle, que reprendre le texte annonçant des urnes déjà achetées pour l’élection de 2018 ». Des messages impossibles à identifier et réguler Face à ce phénomène, la réponse de Facebook et WhatsApp est pour le moins timorée. Si le premier mène la guerre aux infox sur son réseau social depuis l’élection présidentielle américaine de 2016 notamment en participant au financement de projets de fact-checking » comme Comprova, il ne peut appliquer ses mesures habituelles d’endiguement sur son application. Lire aussi Les fausses informations circulent de moins en moins sur Facebook La raison est avant tout technique. L’une des fonctionnalités clés de WhatsApp est son chiffrement de bout en bout, qui empêche l’application, ou n’importe quel service tiers connecté, de lire ou de rechercher le contenu des messages échangés, groupes inclus. Ce chiffrement robuste fait de WhatsApp l’une des applications grand public les plus respectueuses des communications privée des utilisateurs. Mais il rend aussi impossible toute régulation, observation centralisée ou modération des phénomènes problématiques. Ce que le patron de Facebook Mark Zuckerberg lui-même a reconnu être un problème nécessitant des arbitrages difficiles ». Il est impossible, par exemple, d’entraîner un logiciel d’intelligence artificielle à détecter automatiquement des messages problématiques ou violant les règles d’utilisation de la plate-forme, comme cela existe sur Facebook. Concernant les fausses informations, les mesures prises par Facebook depuis 2016 signalement par les utilisateurs, modération et contexte plus clair des publicités politiques, liens fournis par des fact-checkeurs capables de repérer une fausse information ne pourront s’appliquer à WhatsApp. De même que les lois promulguées par des Etats pour contrer la désinformation en période électorale. Les travers du chiffrement Le chiffrement rend aussi impossible de retrouver l’origine ou les auteurs d’une fausse information. WhatsApp a un système de détection de spams, qui repère les comportements inhabituels. Mais ils devraient faire plus par exemple, limiter le nombre de groupes qu’un seul numéro WhatsApp peut créer, ou limiter le nombre de transferts possibles pour un seul message », avance Claire Wardle, qui travaille avec le projet Comprova. Les responsables de Comprova vont plus loin. Dans une tribune publiée dans le New York Times, ils demandent à WhatsApp de changer ses réglages » en termes de transfert de messages ou de nombre de personnes autorisées dans des groupes de discussion. WhatsApp a répliqué qu’il n’était pas possible de modifier ces paramètres avant la fin de la présidentielle brésilienne. En juillet, l’application s’est contentée d’une mise à jour généralisant un système marquant comme transféré » les messages envoyés provenant d’une autre discussion. La fonctionnalité avait été testée auparavant au Brésil et en Inde, autre pays dans lequel la propagation de rumeurs et de fausses informations a eu des conséquences gravissimes. Début 2018, une vingtaine de personnes ont été lynchées en Inde à la suite de rumeurs sur des enlèvements d’enfants, propagées par WhatsApp.
fake news que tout le monde a cru